L’impact environnemental des régimes à base de plantes

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Les avantages environnementaux de l’adoption d’un régime végétalien dans le cadre des efforts déployés pour réduire les émissions de carbone sont nombreux. Un tel changement de régime alimentaire pourrait jouer un rôle essentiel dans l’atténuation du changement climatique, mais les experts soulignent qu’il doit être soutenu par des politiques gouvernementales.

Des conclusions variées sur la réduction des émissions

Les études sur l’impact environnemental de la réduction de la consommation de viande présentent des résultats variés. Certaines indiquent une modeste diminution des émissions par personne de 3 % en cas d’adoption d’un régime végétarien, tandis que d’autres suggèrent une réduction plus importante de 20 à 30 % pour ceux qui réduisent de moitié leur consommation de viande. Cependant, les émissions ne sont qu’un aspect de la durabilité ; les effets de l’agriculture sur le piégeage du carbone, la santé des sols, la qualité de l’eau et les services écosystémiques au sens large doivent également être pris en compte. Il est également nécessaire de prendre en compte les systèmes agricoles alternatifs qui pourraient remplacer l’élevage.

Différentes méthodes de calcul de l’impact

Les divergences dans l’estimation de l’impact du véganisme proviennent des différentes méthodologies utilisées pour les calculs. Une approche mesure les émissions immédiates de carbone liées à la production alimentaire, tandis qu’une autre prend en compte le coût d’opportunité en termes de carbone, c’est-à-dire ce à quoi les terres pourraient être utilisées si elles n’étaient pas consacrées à l’élevage de viande ou de produits laitiers, comme la reforestation ou la restauration de tourbières.

Le rôle des pouvoirs publics dans les changements de régime alimentaire

Si les actions individuelles telles que les changements de régime alimentaire sont importantes, elles n’ont pas autant d’impact que ce que les gouvernements peuvent réaliser par le biais de politiques. Pour obtenir un effet maximal, les gouvernements devraient remodeler le système alimentaire afin de faciliter de meilleurs choix, même si les individus doivent toujours s’efforcer d’adapter leurs habitudes alimentaires.

En 2018, une étude approfondie a montré qu’éviter les produits laitiers et la viande pourrait être le moyen le plus efficace de réduire son empreinte écologique, en réduisant potentiellement l’utilisation des terres agricoles de plus de 70 % tout en continuant à nourrir le monde.

Le défi de la viande et des produits laitiers

La recherche identifie la viande et les produits laitiers comme des contributeurs majeurs aux émissions de gaz à effet de serre, soulignant que si l’on ne s’attaque pas à ces émissions, il est difficile de progresser dans la lutte contre le changement climatique. Les solutions techniques pour réduire les émissions de méthane du bétail sont limitées ; même la modification de la composition des aliments ne change pas fondamentalement les émissions provenant des animaux eux-mêmes. Les experts suggèrent que le gouvernement pourrait influencer le comportement des consommateurs en manipulant les prix, en rendant les produits durables plus abordables et les produits laitiers et la viande plus chers.

La politique au détriment des choix personnels

Mettre trop l’accent sur la responsabilité individuelle peut détourner l’attention des changements politiques nécessaires. Par exemple, devenir végétalien pendant deux ans peut avoir un impact environnemental similaire à l’empreinte carbone d’un seul vol transatlantique. Il est donc essentiel de mettre en place des coûts du carbone appropriés et d’encourager la réduction des émissions de gaz à effet de serre par le biais de politiques. Enfin, voter pour des responsables politiques qui accordent la priorité à l’action climatique est l’une des actions individuelles les plus puissantes que l’on puisse entreprendre.

Il n’y a pas de solution unique

Les experts rappellent qu’il n’existe pas de solution miracle au changement climatique et qu’aucune action ne suffira à elle seule. Même les scénarios les plus optimistes montrent que la satisfaction de la demande croissante d’aliments d’origine animale pourrait faire que les émissions de carbone dépassent la limite autorisée pour maintenir l’augmentation de la température mondiale en deçà de 2°C. Par conséquent, les changements de régime alimentaire, bien que nécessaires, ne sont pas la seule réponse et doivent être accompagnés de mesures prises par les gouvernements, les entreprises et d’autres formes d’action.

Des politiques gouvernementales, ainsi que des adaptations au sein des industries de la restauration et des services alimentaires, seront nécessaires pour encourager les changements de comportement des consommateurs. Il est peu probable que les gens modifient leurs habitudes alimentaires uniquement pour des raisons environnementales en l’absence de conseils et d’incitations structurés.